Pour tous : JMG Le Clézio, prix Nobel de littérature
19.01.2013
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Par JBicrel
Vous l'avez sans doute entendu : Le prix Nobel de littérature a été désigné aujourd'hui et c'est JMG Le Clézio, un écrivain dont la famille maternelle est bretonne
mais dont l'existence et l'oeuvre transcendent les frontières. La mémoire, l'exil, les ruptures de la jeunesse, le conflit des cultures, les rapports entre nature et civilisation sont ses sujets
favoris. Voici une video pour découvrir qui il est :
Le Clezio portraitenvoyé par arc
Parmi ses oeuvres, Lullaby (1980), Celui qui n'avait jamais vu lamer suivi deLa montagne du dieuvivant (1982) et
Balaabilou (1985) s'adressent plus particulièrement aux jeunes lecteurs.Je conseille
plus spécialement Lullaby en 6e, 5e. Et voici trois extraits de son oeuvre :" La Ronde",une nouvelle publiée dans le
recueilLa Ronde et autres faits diverspublié en 1969 (recueil de
nouvelles à lire dès la fin de la 4e) et un extrait deOnitsharoman publié en 1991, deux textes très différents et Ourania, publié en 1995 qui donnent un petit aperçu de la variété del'oeuvre récompensée aujourd'hui par ce prix Nobel.
Ces liens sont protégés par un mot de passe à me demander car ce sont des textes récents donc soumis aux droits d'auteur. N'hésitez pas en commentaire à me faire
la demande du mot de passe. Voici encore un extrait de la dernière oeuvre de
Le Clézio :
« Je connais la faim, je l'ai ressentie. Enfant, à la fin de la guerre, je suis avec ceux qui courent
sur la route à côté des camions des Américains, je tends mes mains pour attraper les barrettes de chewing-gum, le chocolat, les paquets de pain que les soldats lancent à la volée. [...] Cette
faim est en moi. Je ne peux pas l'oublier. Elle met une lumière aiguë qui m'empêche d'oublier mon enfance. Sans elle, sans doute n'aurais-je pas gardé mémoire de ce temps, de ces années si
longues, à manquer de tout. Être heureux, c'est n'avoir pas à se souvenir. Ai-je été malheureux ? Je ne sais pas. Simplement je me souviens un jour de m'être réveillé, de connaître enfin
l'émerveillement des sensations rassasiées. Ce pain trop blanc, trop doux, qui sent trop bon, cette huile de poisson qui coule dans ma gorge, ces cristaux de gros sel, ces cuillerées de lait
en poudre qui forment une pâte au fond de ma bouche, contre ma langue, c'est quand je commence à vivre. Je sors des années grises, j'entre dans la lumière. Je suis libre.
J'existe. ». La Ritournellede la Faim. 2008